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ALLEMAGNE : c'est parti pour la campagne de prévention "komm mit mensch"

Le coup d’envoi de la nouvelle campagne baptisée "kommmitmensch" de l’assurance accident a été donné le 18 octobre 2017 lors du Salon A+A de Düsseldorf. L'objectif est ambitieux : amener le plus de gens possible à s’engager pour une nouvelle culture de prévention dans les entreprises, les organisations et les établissements d’enseignement.

"La santé et la sécurité représentent des valeurs pour tous les individus, toutes les organisations et la société. Elles doivent être prises en compte dans toute action. L’action préventive est rentable économiquement et valorisante", tel est le credo de la campagne qui doit durer plusieurs années.

Cette campagne s’intéresse à l’environnement professionnel et social des individus et veut inciter chacun à réfléchir. Que peut-il faire pour sa santé et sa sécurité ? Qu’est-ce qu’une bonne culture de prévention dans l’entreprise, à l’école, dans la vie quotidienne ? Nous avons besoin d’une nouvelle culture de prévention pour nous rapprocher durablement de la Vision Zéro et trouver des réponses aux défis du "monde du travail 4.0". Un changement qui ne peut se faire du jour au lendemain mais qui commence le 18 octobre.


[NdT : Le titre de la campagne est un jeu de mots :
komm mit = viens avec, s’engager et Mensch = l’individu, l’idée étant de faire qu'un maximum de gens s’impliquent dans cette campagne. On pourrait le traduire librement par "Rejoignez-nous" ou "Venez avec nous" mais on perd le jeu de mots et ça ne dit rien du thème de la campagne.]

FRANCE : un nouveau guide de prévention pour les applications collaboratives

Le ministère du Travail vient de mettre en ligne le "Guide de prévention à destination des fabricants et des utilisateurs pour la mise en œuvre des applications collaboratives robotisées".

Celui-ci rappelle les obligations des différents acteurs économiques - fabricants, intégrateurs et utilisateurs -, ainsi que la démarche de prévention qu’il convient d’appliquer, celle-ci reposant, à diverses étapes, sur chacun d’eux.

Le guide conclut sur un exemple concret de mise en œuvre d’une solution robotique collaborative industrielle, traçant les réflexions ayant amené à choisir cette solution, que ce soit au niveau de l’expression du besoin, des contraintes techniques et d’implémentation, ainsi que la démarche de prévention mise en œuvre. Il est à noter qu'il ne s’intéresse pas aux problématiques de coexistence (ou co-location), cas où le robot et l’humain partagent un même espace sans nécessité d’interaction pour réaliser de tâche. 

Ce guide fait suite à la publication de l’ISO TS 15066 : 2016 Robots et dispositifs robotiques - Robots coopératifs et la mise en place par le ministère du Travail d'un groupe de travail constitué de fabricants de robots, d’utilisateurs, d’intégrateurs de systèmes robotisés, de préventeurs, et d'EUROGIP. L’objectif était de mener une réflexion sur les outils mis à disposition du marché pour assurer la meilleure intégration possible des principes de santé et sécurité dans la conception des applications robotiques collaboratives. 

Une version anglaise du guide devrait paraître d’ici à la fin de l’année.

JAPON : SST et sinistralité 2016

Évaluation des risques, promotion des formations en santé-sécurité au travail (SST), expansion de la campagne Zéro-accident, promotion des programmes de santé physique et mentale, soutien à la reconstruction suite au tremblement de terre… Dans son rapport annuel 2017, l'Association japonaise pour la sécurité et la santé au travail (JISHA) décrit ses diverses activités et livre quelques données sur la sinistralité au travail en 2016.

Bien que le nombre d'accidents du travail ait régulièrement diminué sur le long terme et que le nombre de décès liés au travail ait enregistré le niveau le plus bas ces deux dernières années, en 2016, 928 personnes ont perdu la vie au travail. Cela représente une baisse de 4,5% par rapport à l'année précédente. L'ensemble des sinistres entraînant quatre jours ou plus d'arrêt était de 117 910, soit une hausse de 1,4% par rapport à l'année précédente (116 311).

Selon le président de l'Association, Nobuyuki Yamaki, plusieurs facteurs doivent être pris en considération. Par exemple, "l'approche fondamentale de la gestion de la sécurité n'a pas été parfaitement adaptée aux travailleurs du fait du manque de personnel chargé de la sécurité dans les entreprises du tertiaire".

À la lumière de ces circonstances, l'Association concentre nombre de ses mesures sur les PME, qui sont à la base de l'économie japonaise et enregistrent des taux élevés d'accidents du travail. Ces mesures comprennent notamment des conseils gratuits sur les questions de SST.

Rapport annuel 2017 (en anglais)
Statistiques (en anglais)

IRLANDE : les décès au travail diminuent sauf pour l'agriculture

Selon le dernier rapport annuel statistiques de l'Autorité de la santé et de la sécurité (HSA), le plus grand nombre de décès - 24 - liés au travail a été enregistré dans le secteur de l'agriculture, des forêts et de la pêche, suivi par celui de la construction (9 décès). En 2016, le taux de mortalité au travail a été de 2,1 pour 100 000 travailleurs, contre 2,4 en 2015. Il est resté relativement stable depuis 2009, après une tendance à la baisse entre 1999 et 2009.

Concernant les blessures non mortelles, le taux en 2016 était de 3,9 pour 100 000 travailleurs, contre 3,8 l'année précédente, soit 7 957 sinistres dont 33% liés à des tâches de manutention manuelle. Elles se sont produites en premier lieu dans le secteur de la santé et du travail social.

Selon le rapport annuel, la HSA a réalisé 10 477 inspections et enquêtes l'année dernière, dont 6 497 dans les secteurs de la construction, de l'agriculture et de la pêche. Elle a engagé 17 poursuites qui ont entraîné des amendes de 614 000 €, 369 améliorations des situations et 413 avis d'interdiction.

En savoir plus (en anglais)

ESPAGNE : un programme "alerte accidents" pour les entreprises à forte sinistralité

Plus d’une centaine d’entreprises andalouses ayant connu au moins deux accidents du travail graves ou un accident mortel ont adhéré au programme "Alerte accidents" mis en place par le Secrétariat chargé de l’Emploi d’Andalousie. 

Des techniciens des Centres de prévention des risques professionnels du Gouvernement autonome andalous conseillent et apportent un support technique à ces entreprises, notamment pour repérer et corriger les défaillances mais aussi suivre les actions qu'elles ont engagées pour prévenir la sinistralité. Leur intervention démarre au plus tard six mois après la survenue d’un accident et s’étend normalement sur une durée d’un an.

La participation des entreprises à cette initiative est volontaire. Au cours des prochains mois, elle pourrait augmenter puisqu'une liste des entreprises qui remplissent les critères de participation est établie chaque mois.

Parallèlement, les autorités en matière d’Emploi évalueront la baisse de la sinistralité dans les entreprises participantes, à l’instar de ce qui se fait dans le cadre d’autres programmes de contrôle similaires, tels que le Plan de contrôle des entreprises à plus fort indice de sinistralité (Paemsa). Ces programmes ont en effet permis de réduire les chiffres absolus des accidents de plus de 40 % et le taux d’incidence de plus de 50 %.

"Alerte accident" résulte de la hausse du taux d’incidence des accidents enregistrée en Andalousie en 2016 qui avait été associée à une amélioration de l'activité économique, à la réapparition d’activités ayant des facteurs de risque intrinsèques plus importants et à la précarisation des conditions de travail.

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ALLEMAGNE : les arrêts de travail pour troubles psychiques ont augmenté de 80% en dix ans

Si les contraintes physiques ont diminué grâce à diverses mesures - sièges de bureau ergonomiques, aménagement adapté des postes de travail sur écran, robots utilisés dans les usines pour transporter les charges lourdes... -, le stress et les contraintes psychiques peinent à baisser.

D’après les données de l’AOK-Bundesverband (importante caisse d'assurance maladie), les arrêts de travail pour troubles psychiques ont enregistré une hausse de 79,3% ces dernières années. En 2016, ils ont été en tête avec 25,7 jours d’absence par personne et ont duré plus du double de la moyenne, qui est de 11,7 jours. La durée de l’arrêt a augmenté mais aussi le nombre de personnes atteintes de troubles psychiques.

Selon les données du ministère de la Santé, l’absentéisme a augmenté l’an dernier parmi les 71 millions de personnes soumises à l’assurance obligatoire mais il est resté à 5,3% pour les assurés de l’AOK, au même niveau que l’année précédente. Les salariés arrêtés sur la base d’un certificat médical d’incapacité de travail ont été absents en moyenne 19,4 jours.

En savoir plus (en allemand)

FRANCE : l'essentiel 2016 de la santé au travail selon l'Assurance risques professionnels

L'Assurance Maladie-Risques professionnels vient de publier "L'essentiel 2016". Ce rapport annuel fait le point notamment sur les chiffres clés en matière d'accidents du travail et de maladies professionnelles (AT/MP), le bilan financier de la branche AT/MP, l'indemnisation des victimes, les actions de prévention, la tarification des risques professionnels.

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BELGIQUE : des coachs obligatoires pour s'attaquer au burn-out

Le gouvernement fédéral a annoncé son intention de lutter contre le burn-out avec deux mesures phares.

La première consiste à introduire la notion de "droit à la déconnexion" dans les conventions collectives de travail. Comprenez : négocier des règles claires pour que le boulot ne vienne plus trop contaminer la vie privée des travailleurs via les nouvelles technologies.

La seconde disposition, pour le moins originale, vise à contraindre les entreprises de plus de 100 personnes à recourir aux services d’une plateforme de coachs formés et spécialisés en prévention du stress et du burn-out. Bien décidé à fondre ce dispositif dans une loi dès la rentrée, Kris Peeters, ministre fédéral de l’Emploi, indique que ces experts triés sur le volet devront travailler main dans la main avec les structures existantes dans les entreprises (comités et services pour la prévention et la protection au travail, conseillers en prévention).

Ils procéderont à une analyse du risque avant de déterminer, le cas échéant et au cas par cas, comment remédier aux sources du stress et du burn-out qui plombent les finances des entreprises et de la sécurité sociale.

 

BELGIQUE : les tendinopathies en tête des maladies professionnelles en 2016

Selon le rapport statistique 2016 sur les maladies professionnelles publié par Fédrisles premières demandes de reconnaissance sont restées stables : 9672 en 2016, contre 9609 en 2015. Les demandes de reconnaissance et les déclarations concernent en premier lieu les tendinopathies des membres supérieurs (un peu plus de 30%), suivies des demandes relatives au canal carpien, aux maladies du dos et aux affections respiratoires.

En 2016, le Fonds des maladies professionnelles (FMP) a pris 3100 décisions positives, suite à des premières demandes ; 1145 de cas sont reconnus pour des tendinites et 810 pour des canaux carpiens. Parmi l’ensemble de ces victimes, 66% ont reçu une indemnisation pour incapacité temporaire ; 9% d’entre elles en ont gardé des séquelles, ce qui se traduit par un taux d’incapacité permanente.

En ce qui concerne les décès suite à une maladie professionnelle, les demandes des ayants droit continuent à diminuer depuis 2013 : 1107 demandes en 2016 contre 1431 cette année-là. Les cas les plus fréquents concernent toujours la silicose et les maladies de l’amiante (91%). En 2016, le FMP a encore reconnu dans 334 cas le lien entre un décès d’une victime et sa maladie professionnelle. Depuis 2013, l’amiante est la première source de décès pour la troisième fois en 4 ans.

Lire le Rapport statistique 2016 Maladies professionnelles

ALLEMAGNE : modification de l'ordonnance relative aux maladies professionnelles

Le Bundesrat (Chambre des Länder) vient d'approuver une modification de l'ordonnance relative aux maladies professionnelles pour intégrer trois nouvelles pathologies et élargir la reconnaissance de deux autres maladies professionnelles à de nouvelles pathologies.

Cette modification est liée à l’avancée des connaissances scientifiques et médicales sur lesquelles se fondent les recommandations de la Commission médicale "Maladies professionnelles" du ministère fédéral du Travail et des Affaires sociales. L’ordonnance entrera en vigueur le premier jour du mois calendaire suivant sa promulgation.

Les trois nouvelles maladies inscrites sur la liste sont :

  • la leucémie myéloïde chronique ou lymphoïde chronique causée par le butadiène-1,3, un gaz incolore utilisé notamment pour l’usinage lors de la fabrication de diverses catégories de caoutchouc synthétique et dans l’industrie plastique ;
  • le cancer de la vessie causé par les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP). Les travailleurs sont principalement exposés aux HAP dans les cokeries et les raffineries de goudron de houille, l’industrie du graphite synthétique, la construction routière et le ramonage ;
  • la "dystonie focale", maladie du système nerveux central des instrumentistes causée par l’exécution de gestes très précis et de haute intensité.

La reconnaissance de deux maladies professionnelles a été élargie. La maladie professionnelle n° 4113 (cancer du poumon lié à une exposition aux HAP) inclut désormais le "cancer du larynx" et la maladie professionnelle n° 4104 (cancer du poumon ou cancer du larynx associé à une exposition à l’amiante) est maintenant étendue au "cancer de l’ovaire".

Ces cinq maladies ont pu être reconnues comme des maladies professionnelles avant même la modification de l’ordonnance du fait de la publication des avis scientifiques de la Commission médicale "Maladies professionnelles".

En savoir plus (en allemand)