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IRLANDE : les accidents du travail mortels ont chuté de plus de 20% en 2016

En 2016, 44 personnes ont perdu la vie sur les lieux de travail, contre 56 en 2015, soit une baisse de 21%, selon les données de la Health and Safety Authority (HSA) publiées début janvier. 

Le nombre de décès reste élevé - 21 en 2016 contre 18 en 2015 - dans le milieu agricole, alors qu'il est en légère baisse dans la construction (9 vs 11). Tous secteurs confondus, les accidents impliquant des véhicules comptent pour près de la moitié (20) de tous les décès liés au travail en 2016. La plupart ont concerné des hommes âgés de 25 à 65 ans.

Selon Martin O'Halloran, directeur de la HSA, le nombre d'accidents mortels est le plus bas depuis 2009. "Cela est d'autant plus important que le nombre de travailleurs a augmenté". En revanche, cela fait sept années que l'agriculture enregistre le plus grand nombre de décès.

 

DANEMARK : un travail physique dur combiné à une mauvaise condition physique augmente le risque de mourir d'une maladie cardio-vasculaire

On sait que des exigences physiques au travail ou qu'un mauvais état physique peuvent entraîner un risque accru de maladie cardiovasculaire. Un groupe de chercheurs du Centre national de recherches pour l'environnement de travail (NFA) a mis en avant que la combinaison des deux facteurs multiplie par 6 le risque de décès imputables à ces maladies.

Les chercheurs ont suivi 4 724 hommes et femmes, âgés de 20 à 67 ans sur une période de 18 ans et demi. Aucun des participants n'avait une maladie cardiovasculaire diagnostiquée au départ. Chaque participant a rempli un questionnaire sur son environnement de travail physique, sa perception de sa propre condition physique et sa santé en général, ses habitudes en relation avec le tabagisme, l'alcool et s'il avait été traité pour diabète ou hypertension artérielle.

Lire l'article (en danois)

ITALIE : une circulaire précise la réglementation sur la réinsertion des personnes handicapées au travail

En 2017, 21,2 millions € seront mis à disposition par l'INAIL pour soutenir les employeurs dans leurs démarches de maintien dans l'emploi des accidentés du travail. Une circulaire publiée le 30 décembre 2016 fournit des éléments de clarification et de soutien de la nouvelle réglementation.

Cela concerne les interventions pour l'aménagement des lieux de travail, l'ajustement et l'adaptation des postes de travail et la formation. Dans les limites des montants alloués chaque année, l'Institut remboursera et/ou anticipera les dépenses des employeurs liées à la mise en œuvre des mesures de réemploi. Pour des travaux de construction par exemple d'installations et /ou d'automatisation, le montant maximal est de 95 000€. Pour l' adaptation des lieux de travail, tels que des meubles, des aides et des dispositifs technologiques ou l'informatique, le remboursement peut aller jusqu'à 40 000€. 

Pour promouvoir le dispositif, l'INAIL organise une campagne de communication dans la presse, sur Internet, à la télévision et sur les réseaux sociaux. Celle-ci a débuté le 31 décembre 2016 et se poursuivra entre la mi janvier et février. Des activités d'information se poursuivront ensuite tout au long de l'année avec des événements locaux organisés par l'INAIL avec la participation des parties prenantes.

Circulaire n. 51 du 30 décembre 2016 (en italien)

AUTRICHE : le lundi est le jour où les accidents de trajet sont les plus nombreux

En 2015, l’AUVA - qui assure 4,8 millions de personnes contre les risques professionnels - a enregistré 11 210 accidents de trajet. Ces accidents ont représenté 11% de l’ensemble des accidents de travail dont 63% étaient des accidents de la circulation, de loin la part la plus importante de ce type d’accidents.

Dans l’ensemble du pays, le lundi est le jour où surviennent le plus d’accidents (21%). A l’échelle des Länder, un accident sur quatre se produit à Vienne : en 2015, il y en a eu 27%. Le Land de Haute-Autriche arrive en deuxième position avec 19%.

Le crépuscule et l’obscurité, mais aussi la pluie, le brouillard et la neige qui gênent souvent la visibilité  sont particulièrement dangereux. Sur la route, 90% des informations passent par les yeux. C'est pourquoi il est très important de voir et d’être vu. La meilleure protection pour les piétons et les cyclistes, ce sont les vêtements réfléchissants ou les éléments réfléchissants sur les casquettes, les chaussures et les vestes. Les cartables des enfants et les poussettes doivent être équipés de bandes réfléchissantes.

Quand la visibilité est mauvaise, un automobiliste ne voit un piéton habillé de couleurs sombres qu’à 25-30 mètres. A 50 km/h, avec une distance de freinage de 40 mètres, c’est souvent trop tard pour éviter un accident. Le port de vêtements clairs, à fort contraste, améliore les choses : malgré tout, les piétons ne sont aperçus qu’à 40-50 mètres. En revanche, ceux qui portent des vêtements réfléchissants sont vus à 130-160 mètres.

FRANCE : un groupe de travail créé sur la robotique collaborative et les enjeux sécuritaires

La robotique collaborative se caractérise par l'interaction, dans un même espace de travail, entre un opérateur humain et un ensemble robotisé automatisé. Son développement pose de nombreux défis technologiques pour garantir la sécurité des personnes travaillant à proximité.

La France, au même titre que d'autres pays, s’interroge sur l’intégration des robots-collaboratifs et la gestion des risques (écrasement, choc, RPS) pour ces personnes. Dans ce cadre, le ministère du Travail a créé un groupe de travail qui rassemble des organismes de contrôle, l’INRS, EUROGIP, des organisations professionnelles (FIM, SYMOP, COPREC), des représentants de la profession (fabricants et intégrateurs), des utilisateurs, ainsi qu’un centre technique (CETIM). En effet, les enjeux concernent aussi bien les industriels utilisateurs que les organismes chargés d’intégrer ces systèmes robots ; ils se voient confronter à des problématiques qui leur étaient jusqu’alors inconnues, et nécessitant la maîtrise de technologies très élaborées de détection des personnes.

Le groupe de travail a pour mission de rédiger un document qui doit rappeler les obligations règlementaires qui incombent à chacun des opérateurs économiques impliqués. Une proposition de démarche d’intégration afin d’aider à définir les meilleures solutions à adopter en fonction de l’analyse de risque fait également l’objet de discussions.

Les résultats de ces travaux seront très certainement utilisés comme base de révision de certaines normes. A noter en outre la publication en février 2016 de la norme ISO/TS 15066 - Robots et dispositifs robotique - robots coopératifs et des travaux de rédaction en cours de la norme ISO 21260 - Sécurité des machines - Données de sécurité mécanique pour les contacts physiques entre les machines mobiles et les personnes. 

GRANDE-BRETAGNE : les inspections sont de plus en plus rares sur les chantiers

Les contrôles de l'inspection du travail se font de plus en plus rares dans le secteur de la construction, dénonce Bill Lawrence, un syndicaliste britannique de ce secteur.

Il estime que 80% des chantiers en Grande-Bretagne n’ont jamais été contrôlés. "Au cours des cinq dernières années, 217 personnes ont trouvé la mort. Néanmoins, les mesures d’austérité du gouvernement ont réduit à 132 le nombre de fonctionnaires qui doivent couvrir 257 000 entreprises et 2,1 millions de travailleurs. Entre avril 2015 et avril 2016, 9219 contrôles seulement ont été réalisés, soit 13% de moins que trois années auparavant", ajoute Bill Lawrence.

Celui-ci prévoit que d’ici à 2019-2020, le budget du Health and Safety Executive (HSE) aura été réduit de moitié par rapport au niveau auquel il se situait il y a dix ans. "Une commercialisation insidieuse de l'inspection du travail est à présent en cours", dénonce-t-il. En effet, depuis quatre ans, le HSE a la possibilité de faire payer ses services aux entreprises britanniques. Si, au cours d’une visite sur un chantier, un inspecteur remarque que la législation sur la sécurité n’est pas respectée, il peut imposer des honoraires équivalents à 143 euros de l’heure pour le temps passé à enquêter, à conseiller et à prendre des mesures d’exécution.

PAYS-BAS : TNO publie deux rapports sur les risques émergents

L'organisme de recherche TNO s'est intéressé aux risques émergents liés à l'usage de robots sur le lieu de travail d'une part, liés aux connexions informatiques entre équipements de travail d'autre part. Ces études ont été réalisées à la demande du ministère des Affaires sociales et de l'Emploi.

  • Depuis des décennies, les robots ont constitué un élément clé des films et livres de science-fiction. Le premier véritable robot, Gargantuan, a été construit entre 1935 et 1937 à partir de Meccano®. Les robots industriels d'aujourd'hui ressemblent beaucoup à ceux introduits sur les lignes de production de voitures de General Motors en 1961. Au cours des cinquante dernières années, les robots sont devenus beaucoup plus rapides et plus précis. Mais ils se trouvent fréquemment à un emplacement particulier ou sur des rails ; ils exécutent automatiquement une seule tâche dans une zone dangereuse fixe ou à l'intérieur d'une cage de sécurité. Ces robots sont encore loin des robots intelligents et autonomes de science-fiction. Contrairement au caractère humain que l'on peut leur prêter, ils ne sont pas capables de se déplacer indépendamment, d'interagir avec les gens et de répondre à leur environnement et sont à l'origine de nouveaux risques.
    Télécharger le rapport (en anglais)
  • Automatisation par logiciels embarqués, télécommande de matériaux lourds et connexion d'équipements de travail à des réseaux locaux et publics comme Internet... L'intégration de plus en plus grande des nouvelles technologies dans les équipements de travail est considérée par certains comme la 4e révolution industrielle et appelée "industrie intelligente". Outre les opportunités pour l'industrie, elle entraîne de nouveaux risques pour les employés mais aussi pour les processus qui peuvent être perturbés ou arrêtés par des acteurs malveillants qui peuvent pénétrer les ordinateurs et les réseaux informatiques.
    Télécharger le rapport (en anglais)

BELGIQUE : un nouveau texte pour accompagner des travailleurs en incapacité de travail de longue durée

Un arrêté royal entré en vigueur le 1er décembre prévoit un trajet de réintégration sur mesure pour accompagner les travailleurs en incapacité de travail de longue durée vers un travail adapté ou un autre travail temporairement ou définitivement.

Le texte privilégie les possibilités de réintégrer ces salariés chez leur propre employeur, "parce qu’ils pourront généralement reprendre le travail convenu à terme, le cas échéant après une reprise progressive", souligne le ministère du Travail. Un autre avantage est que le salarié "peut être réintégré dans un contexte professionnel qui lui est familier, auprès de collègues et chez un employeur qu’il connaît et avec lesquels il a un lien, ce qui augmente les chances d’une bonne réintégration".

Au cours de ce trajet de réintégration, un rôle important est attribué au conseiller en prévention-médecin du travail, qui connaît non seulement l’environnement de travail et le travail dans une entreprise déterminée, mais peut également faire office d’intermédiaire entre l’employeur et le salarié. Le conseiller fait aussi partie d’une équipe pluridisciplinaire au sein du service interne ou externe de prévention. En cas de besoin, cela permet de faire appel aux ergonomes ou aux conseillers en prévention spécialisés dans les aspects psychosociaux. Toutes les étapes du trajet de réintégration individuel ont été fixées par l’arrêté, en prenant en compte le cadre collectif, sous la forme d’une politique de réintégration qui doit être élaborée au niveau de l’entreprise.

ALLEMAGNE : digitalisation et qualité du travail

La Confédération syndicale allemande DGB s'inquiète des conséquences de la digitalisation sur les conditions de travail.

Elle a sondé quelque 9700 salariés dans le cadre de sa 10e enquête sur la qualité du travail et en particulier sur l'impact de la technologie numérique. Selon Reiner Hoffmann, le président de la DGB, "environ 82 % des répondants se disent concernés au quotidien par le sujet", que ce soit 
la robotisation, l'informatisation, les nouvelles technologies de l'information et de la communication, "et pour près de la moitié la charge de travail a augmenté et s'est intensifiée. Ces résultats confirment notre appel à l'action : la numérisation a besoin de règles pour que la technologie soit au service de l'homme et non l'inverse". 

Pour Michael Vassiliadis, président du syndicat IG BCE, "il est de notre intérêt que les entreprises exploitent les possibilités de l'industrie 4.0 telles qu'une plus grande flexibilité dans la production, la recherche et le développement, l'administration. Mais si ce progrès technique amène les gens à être de plus en plus pressés comme des citrons" cela est alarmant.

Rapport 2016 "DGB-Index Gute Arbeit" (en allemand)

FRANCE : un site de référence dédié à la prévention des risques professionnels à domicile

Le nouveau site www.prevention-domicile.fr est dédié aux professionnels des services à la personne, salariés, particuliers employeurs, structures de services à la personne. Il est le fruit d'une collaboration entre la Direction générale des entreprises, l’assurance maladie-risques professionnels, l’INRS et le groupe IRCEM pour mieux prévenir les risques professionnels.

La fréquence des accidents du travail est particulièrement forte pour le secteur des services à la personne, avec une moyenne de 92,7 AT pour 1000 salariés en 2015, contre 33,9 tous secteurs confondus. La prévention est donc essentielle. Or la majorité des employeurs étant des particuliers, ils ne se sentent pas concernés.

Le nouveau site, riche en ressources avec une ergonomie claire, propose ainsi des outils de prévention spécifiquement développés avec des mises en situations réalistes pour anticiper les risques d’accident du travail et de maladie professionnelle, des parcours personnalisés en fonction du profil précisant les rôles de chacun pour prévenir les risques et orienter vers les outils adaptés, des quizz interactifs pour tester ses connaissances en termes de santé et sécurité au travail ou un parcours de formation disponible pour gagner en compétences.